Aides publiques aux grandes entreprises
Là, les sénateurs ont fait preuve, il faut le noter, d’un tout autre esprit que celui, partisan, qui prend souvent le dessus à l’Assemblée nationale. Créée à l’initiative du groupe Communiste, républicain, citoyen, écologiste - Kanaky (CRCE-K), la Commission était présidée par Olivier Rietmann (LR).
A la lecture de ce rapport, l’arrogance de Bayrou vis-à-vis du peuple laisse pantois ! D’un côté, il se bat pour réduire de 44 milliards d’euros le budget 2026 en serrant la ceinture aux retraités et aux plus pauvres, bloquant, pendant un an, les salaires et prestations sociales (allocations familiales, minima sociaux, prime d’activité ou RSA et pensions de retraite).
De l’autre, il ne touche pas aux aides publiques mirobolantes sans contrepartie ni évaluation, le plus souvent accordées aux grandes entreprises en périodes de crise (krach de 2007 ou Covid), alors que ces dernières licencient et délocalisent à tout va tout en payant de juteux dividendes à leurs actionnaires.
Or, selon le rapport de la commission, ces aides (plus de 2200 dispositifs de soutien à l’investissement - aide à l’apprentissage, crédit d’impôt recherche, tarifs réduits sur la taxe sur la valeur ajoutée, prêts garantis par l’État, exonérations de cotisations sociales) pourraient atteindre 211 milliards d’euros.
« Pourraient » car, en interviewant quelque 70 personnalités, dont 33 PDG de grandes entreprises, les membres de la Commission ont pu se rendre compte qu’ils ne connaissaient pas le montant des aides dont ils bénéficiaient, ni leur utilisation !
C’est en constatant que le nombre de plans sociaux dans les entreprises (PSE) avait doublé entre 2022 et 2024 que le sénateur communiste Fabien Gay a proposé la création de cette commission.
Pour faire face à ces abus, la Commission a proposé 26 recommandations, parmi lesquelles :
C.B.