« Nous sommes désormais entrés dans la phase terminale d’un effondrement général du système monétaire et financier mondial. Comme je l’avais annoncé, nous sommes également confrontés à la menace d’un coup d’État fasciste, illustrée par la réactivation, par le vice-président américain [le néo-conservateur va-t-en guerre] Dick Cheney, d’une doctrine stratégique de ‘guerre nucléaire préventive’ et par le remplacement, à la manière nazie, des forces et de la doctrine militaires traditionnelles de la civilisation moderne, par une doctrine militaire faisant écho aux légions impériales romaines et à la volonté nazie d’établir une Waffen-SS internationale régnant sur le monde. »
LaRouche esquissait une autre perspective politique et économique :
« L’intérêt économique national des États-Unis se situe dans le développement des forces productives du travail, correspondant à un niveau raisonnablement ciblé d’amélioration durable du potentiel de densité relative de population de notre nation.
« Cette réussite dépend essentiellement du développement de l’utilisation de ces pouvoirs productifs, tels que Platon les a définis, à travers la mise en œuvre de principes physiques universels validés expérimentalement, ou de principes culturels d’importance similaire.
« Le développement et le maintien de ces capacités, ainsi que de nouvelles améliorations en ce sens, sont, dans une large mesure, rendus possibles grâce à diverses formes d’investissement en capital dans les infrastructures économiques de base, les infrastructures publiques, les améliorations en capital des entreprises entrepreneuriales, ainsi que le niveau de vie et le niveau culturel des ménages composant notre main-d’œuvre nationale.
Droits de douane
« Dans le cadre d’une politique protectionniste de tarifs douaniers et commerciaux, à condition qu’elle s’inscrive dans le cadre d’un système monétaire et financier international à taux de change fixe, il est possible de fixer une fourchette de ‘prix équitables’ des produits de base à l’interface entre les exportations et les importations de notre économie et le marché international.
« Dans ce cas, les prix de nos produits peuvent baisser grâce aux progrès technologiques qui n’en altèrent pas la qualité, à ceci près que les baisses de salaires ne peuvent pas être systématiquement utilisées pour réduire les prix des produits de base. Le commerce (importation, exportation, ou les deux) peut servir de moyen supplémentaire de régulation de la stabilité des prix, visant à protéger la valeur physique relative du capital investi. En général, abaisser le niveau de vie des ménages pour rendre les biens ‘plus compétitifs’ est d’office une politique à bannir.
« Considérez ce que je viens de dire dans le contexte de la destruction de l’économie américaine après 1977, provoquée par la déréglementation des échanges. Il en a résulté une concentration du trafic sur un nombre limité de ‘pôles’, entraînant un quasi-effondrement des communautés des régions périphériques, et souvent leur dépeuplement. Cela a entraîné un effondrement de la productivité au kilomètre carré aux États-Unis, avec pour corollaire un effondrement net de la production physique nette de la population dans son ensemble. Folie ? Oui : une folie engendrée par la propagation du dogme insensé du libre-échange.
« L’objectif doit être d’accroître la production physique effective par habitant et par kilomètre carré. Cet effet recherché est favorisé par des tarifs de fret standardisés et un transport efficace des personnes entre les principaux pôles et les centres régionaux, de manière à optimiser l’utilisation du potentiel représenté par la population et la superficie totales du pays.
« Des avantages similaires découlant de la réglementation des échanges et des tarifs douaniers doivent être recherchés entre les nations, à l’échelle mondiale. Nous devons donc encourager la formation pertinente de capital physique partout dans le monde, afin d’optimiser le taux de croissance des productions brute et nette par habitant et par kilomètre carré.
« Le principe général, qui s’applique aux tarifs douaniers et au commerce, illustré par ces cas, est l’urgence de déplacer les notions de coût et de rentabilité, du faible coût du capital physique de production et de distribution vers les gains de marge de croissance par habitant qui sont obtenus en élevant le niveau de vie objectif et la qualité et l’intensité relative de la formation de capital.
« L’accent doit d’abord être mis sur des investissements massifs et à grande échelle dans les infrastructures économiques de base, afin d’opérer en urgence un changement qualitatif dans l’environnement de production et la vie familiale. Cet accent mis sur les infrastructures économiques de base est le seul moyen durable de promouvoir la relance générale d’un secteur privé viable.
« Cependant, rien de tout cela ne pourra être accompli sans se référer aux succès du président Franklin Roosevelt, qui a sauvé les États-Unis de la dépression et de la menace d’un empire mondial dirigé par les nazis. Cela nécessite de se débarrasser d’Adam Smith et de tout ce qui lui ressemble, et de revenir aux principes constitutionnels du système politico-économique américain, tels que décrits par le secrétaire au Trésor Alexander Hamilton, entre autres. Cela implique de rétablir les pratiques de régulation, y compris le protectionnisme, associées à la révolution Franklin Roosevelt des années 1930. »
Quelle est la véritable cause de l’effondrement ?
« Ce qui s’effondre aujourd’hui, ce n’est pas une économie, mais une immense bulle financière, une bulle dont la principale expression économique est le rôle du système financier américain comme ‘importateur de dernier ressort’ pour le monde entier. (…)
« En réalité, jusqu’à présent, le monde a soutenu une immense bulle financière libellée en dollars américains, principalement dans le but de soutenir le rôle d’importateur ‘de dernier recours’ d’une économie américaine gonflée et intrinsèquement en faillite pour une grande partie du monde. Que se passera-t-il lorsque cette bulle financière entrera inévitablement dans sa phase d’effondrement en chaîne ? C’est l’enjeu de ce qui se passe actuellement. » ▪
